Boucan(e)

2 Juil

Je vous promets que ce blogue ne parlera pas seulement de barbecue, mais compte tenu de ma dernière entrée, je ne pouvais pas passer sous silence l’arrivée d’un nouveau joueur sur la scène BBQ montréalaise : Le Boucan.

Situé sur la rue Notre-Dame, tout juste à l’ouest de Guy, Boucan vient rehausser un coin jusqu’ici mieux connu pour ses antiquaires rococo.

Côté décor, c’est simple mais plutôt réussi. Un mélange entre une station d’essence dans le milieu du désert texan et la binerie Mont-Royal, version du Matou. Une télévision derrière le bar présentant un match des Alouettes vient confirmer que l’endroit n’a pas de prétention et on s’y sent rapidement à l’aise.

Une grande terrasse à l’arrière offre une option très intéressante dont nous n’avons pu toutefois nous prévaloir compte tenu du temps un peu frisquet.

Le menu, affiché sur des panneaux de bois et apparemment écrit au crayon feutre, est assez simple, mais on y retrouve les classiques du BBQ : ribs, sandwich (appelée guédille) au pulled pork, poulet et hamburger. En entrée, on propose également l’omniprésent mac ’n cheese, les nachos et les ailes de poulet.

À six, nous optons pour deux « Assiettes du Pit Boss » (voir photo ci-dessous), un assortiment de ribs, poulet et pulled pork, accompagné de frites, de salade de chou et de salade aux patates. À 42 $, ce plat est supposé être pour deux personnes, mais les gros appétits en viendront à bout à eux seuls. Pour trois personnes, c’était par contre un peu juste et nous avons donc commandé une autre portion de ribs.

Dans l’assiette, c’est d’abord le poulet qui surprend. Bien cuit, ce qui est rare en soi, il se démarque par le caractère fumé qui parfume la viande en entier. Les délicieuses ribs sont tendres et également cuites à point, le fruit de nombreuses heures dans le smoker. On les aurait toutefois aimées un peu plus grosses, afin de mieux saisir la saveur impartie par le bois. Le pulled pork, servi en ramequin, avait par contre le malheur de baigner dans trop de liquide, ce qui lui enlevait du goût en plus de procurer une sensation humide un peu désagréable. Définitivement à corriger.

La véritable vedette de l’endroit est toutefois la sauce BBQ. Je ne saurais trop vous la décrire sinon pour vous dire que c’est assurément la meilleure en ville et que je songe retourner pour soudoyer qui de droit afin de pouvoir en rapporter chez moi.

Intrigués par les choix de dessert, nous avons commandé une portion de tarte au babeurre et la spécialité de la maison, le brownie au bacon. Malheureusement, il ne restait plus de ce dernier, qui est semble-t-il en train de devenir une des cartes de visites de l’établissement. Notre curiosité ayant été piquée, ce sera pour une prochaine fois.

Ouvert depuis la fin mai, on sent que le rodage n’est pas terminé, notamment au niveau du service. Notre jeune serveuse en était clairement à ses premières heures, ce qui lui a valu quelques erreurs, que nous aurions volontiers pardonnées, n’eût été de son attitude un peu indifférente.

Le BBQ doit être une affaire de passion, autant chez ceux qui le préparent que chez ceux qui le consomment,  et on aurait aimé que le personnel en salle puisse communiquer cette passion des uns aux autres.

Une brève conversation en cuisine avec le pitmaster nous a toutefois convaincu que la passion était bel et bien au rendez-vous.  Le genre capable de vous comparer les quatre meilleurs restos de BBQ Memphis, tout en vous parlant de sa judicieuse sélection de bois pour le fumoir.

On le quitte en se disant que ce gars là doit suer de la sauce BBQ quand il rentre chez lui le soir.

Just as it should be!

On leur souhaite bonne chance, car on a déjà hâte d’y retourner.

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BBQ Montréal : Plus Montréal que BBQ

23 Juin
Crédit photo : BBQ Montréal

Je dois d’entrée de jeu vous confesser ma passion pour le barbecue. Pas seulement les grillades mais aussi, et surtout, les viandes cuites lentement sur feu de bois comme on en fait dans le Sud des États-Unis : pulled pork, ribs, brisket, etc.

Vous devinerez donc que les premières rumeurs concernant l’ouverture d’un restaurant appelé BBQ Montréal, en janvier dernier, ont tôt fait de me mettre en appétit. Malheureusement, un démenti rapide des propriétaires, à l’effet qu’on y produirait d’abord du comfort food et seulement qu’accessoirement du barbecue a quelque peu refroidi mes ardeurs.

Cette déception initiale explique probablement pourquoi ça m’a pris si longtemps avant d’essayer BBQ Montréal, même si le restaurant est situé à quelques pas de chez moi.

Alors qu’exception faite des très honnêtes Bofinger et du passable Mesquite, on ne retrouve pratiquement pas de restos de barbecue à Montréal, avait-on vraiment besoin d’un autre restaurant de comfort food? L’occasion était belle, la passe des proprios et du chef Alexandre Gosselin du (par ailleurs excellent) Bar et Bœuf était parfaite, mais fort est-il de constater que les buteurs de BBQ Montréal ont préféré s’inscrire dans l’air du temps plutôt que d’explorer cette niche inexploitée. Manque d’opportunisme diraient certains commentateurs sportifs.

Encouragé par  les critiques favorables et les photos alléchantes de mes amies blogueuses Clarah Germain et Gabrielle Chalifoux, j’ai récemment décidé de passer outre mes réticences initiales et d’aller essayer ce BBQ qui n’en n’est pas un.

Accompagné d’un ami qui partage ma passion pour les côtes de brontosaure et autres sandwiches bien dégoulinants de sauce BBQ, nous avons mis les pieds chez BBQ MTL un vendredi soir.

L’odeur de la viande grillée qui nous accueille en entrant est de très bonne augure, tout comme le décor qui marie habillement les murs de pierre typiques du Vieux-Montréal avec les références stylistiques propres aux restos du Sud. BBQ et Montréal y sont représentés à parts égales.

Cette dualité se retrouve également sur la carte, où les traditionnels terrine de foie gras, tartare de cheval, ris de veau et pétoncles côtoient les classiques du Sud que sont les ribs ou le poulet frit.

En entrée, j’opte pour la verrine de gravlax et champignons offerte en spécial tandis que mon compagnon y va sur le menu avec la pieuvre grillée, deux choix résolument plus Montréal que BBQ.

La combinaison du gravlax et des champignons s’avère suprenament savoureuse, mais la pieuvre, comme c’est souvent le cas, est un peu trop ardue, bien que sauvée par l’habile mariage du chorizo et de la bouillabaisse qui l’assaisonnent.

La sélection de vin est courte mais ne manque pas de bonnes occasions, tant au verre qu’en bouteille, les vins du Nouveau Monde y étant bien représentés. Quiconque souhaite s’aventurer sur le côté BBQ de la chose est toutefois mieux servi par la grande sélection de bières, et c’est ce que nous faisons. Sage décision considérant les plats à venir : poulet de Cournouailles frit et burger de ribs.

Dans un cas comme dans l’autre, on ne peut véritablement reprocher l’exécution, si ce n’est que la panure du poulet aurait pu être un peu plus tendre et légère.

C’est par contre moins réussi du côté des accompagnements, alors que la salade de choux aurait pu être appelée mayonnaise au choux et que les frites, grosses comme des doigts de plombier, ressemblaient davantage à des sachets de pommes de terre en purée qu’à des frites. On sent par ailleurs la salade verte inconfortable dans son rôle de conscience morale de plats si copieux.

Ultimement, on sort de table en se disant que les proprios et le chef ont livré ce qu’ils ont promis, soit un mélange de comfort food montréalais et de plats traditionnels du Sud.

Cette idée à la base incongrue le demeure malheureusement aussi dans l’assiette. Peut-être suis-je un puriste, le genre à préférer mon BBQ cuit dans un baril de métal scié en deux, mais je persiste à croire que le BBQ n’est pas une cuisine qui gagne à être rehaussée, déconstruite ou réinterprétée.

Comme le vin, le BBQ est avant tout le fruit des différents terroirs dont il est issu et il supporte mal d’être trop manipulé ou transformé, tant peu qu’il y perd l’authenticité qui fait son attrait.

Le terroir montréalais n’est vraisemblablement pas fertile au BBQ. Les seuls qui l’ont réussi l’ont fait après de longs séjours dans le Sud des États-Unis. Penser qu’ont pouvait y arriver en prenant la cuisine montréalaise moderne comme point de départ était inusité, mais le résultat s’avère pour l’instant décevant.

Bon, OK, je le pars mon blogue!

21 Juin

Après avoir invoqué la complexité technique de la chose, la paresse, le manque de temps, la peur d’être exposé, les séries éliminatoires du hockey, les astres défavorables, une intoxication aux Skittles verts, le décès de Gary Coleman, un projet de recherche sur la gomme des paquets de cartes de baseball, le besoin d’aider un ancien dirigeant du Nigéria à sortir son argent du pays, le retour prochain des Nordiques, la corruption dans l’industrie de la construction, l’argent et le vote ethnique, la clique du Plateau, l’urgence de battre mon record à Escapa! et les reprises de Symphorien, je suis à court d’excuses.

Voici donc mon blogue.

J’y parlerai de bouffe, de restos et de vin, avec une perspective montréalaise, masculine, critique et, je l’espère, humouristique.

Enjoy!