Le mépris de soi (ou comment Marie-Claude Lortie m’a convaincu de renoncer à la souveraineté)

17 Mai

Je ne me suis jamais caché d’avoir été souverainiste. J’ai porté des macarons du Oui en 1980. J’ai voté Oui au référendum de 1995. J’ai même été membre d’un parti souverainiste.

Mais on ne m’y reprendra plus. Là où Stéphane Dion, Stephen Jarislowsky et les citoyens de Brockville ont échoué, Marie-Claude Lortie, elle, m’aura convaincu.

Car, véritablement, les Québécois, avec leur ketchup en bouteille et leur vinaigrette du supermarché,  n’ont que ce qu’ils méritent. En fait, ils s’en tirent plutôt bien, considérant leurs nombreux crimes de leste gastronomie.

Il faut se rendre à l’évidence, un peuple qui ose faire son pâté chinois à partir d’autre chose que du boeuf biologique élevé localement dans le respect de sa différence et du maïs ancestral cueilli à la main par des moines polyglottes habitant une abbaye géothermique conçue par un designer suédois est irrémédiablement condamné à un petit pain Pom et à un carré de beurre Lactancia gluant.

Plutôt que de chercher son indépendance, le peuple québécois devrait sans attendre emprunter la seule avenue sensée qu’il lui reste : demander son annexion immédiate à la Scandinavie.

Présentons-nous collectivement penauds et prostrés devant ces peuples nordiques qui ont de si nombreuses « leçons à nous apprendre ».

Évoquons leurs lumières (DEL ou fluo-compactes?) pour, qu’un jour, comme en Scandinavie, tous les supermarchés soient délaissés en faveur de repas maisons concoctés chaque jour par des chefs éco-responsables à partir d’ingrédients locaux cultivés dans des jardins communautaires par des artistes de rue repentants et empathiques.

Quand – et seulement quand –  les citoyens de Ville-Émard auront développé leur propre espèce de poulet urbain et ceux de Duvernay ressuscité une variété de betterave autochtone pourrons-nous enfin oser relever la tête et prétendre exister sur la même planète que nos idoles scandinaves, ces géants dont nous n’arriverons jamais à la semelle de chanvre équitable.

D’ici là, on a bien des croûtes de petit pain à manger. Mais, n’ayez crainte, je vous assure qu’il y a une micro-boulangerie artisanale dans une ancienne usine désaffectée de Griffintown qui en fait du très bon.

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2 Réponses to “Le mépris de soi (ou comment Marie-Claude Lortie m’a convaincu de renoncer à la souveraineté)”

  1. Marie-P 18 mai 2011 à 08:48 #

    Hihihi, merci. Quel texte! Le 4e paragraphe est du bonbon (avec sucre de canne équitable cueillie soir de pleine lune, certes)!

  2. Julie 1 février 2013 à 15:33 #

    Épatant et époustouflant. Merci pour ce merveilleux billet !

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